Mercredi 16 mars 2011 [19:11]

J'ai pas dormi de la nuit. J'ai rêvé toute la nuit à la soirée que j'aurais dû passer hier soir. Et à chaque minute depuis mon réveil, je m'imagine ce que j'aurais dû en faire, de cette minute. Je vais me bouffer comme ça. Je vais m'épuiser. Je suis névrosée. Complètement. Mais qu'y puis-je ? 
J'ai pleuré en partant ce matin. Parce qu'à l'heure où je suis partie, c'est l'heure à laquelle j'aurais dû commencer ma journée là bas. Il était huit heures.

J'ai revêtu ma blouse blanche. Bien trop grande pour moi. Taille 2. J'ai trouvé que ça. J'ai peur de me retrouver nue au milieu du couloir à chaque pas.
On a très bien été accueillie. "On" c'est ma collègue du promo et une autre élève, de deuxième année. J'ai un badge pour rentrer partout. C'est un vrai labyrinthe. J'ai peur de me perdre. Je vais d'ailleurs le faire. Et plus d'une fois. C'est certain.
Les infirmières ont l'air sympathique. Les AS aussi. Mais je n'arriverai jamais plus à être à l'aise dans mon statut d'étudiante. Alors je vais faire mon travail, préparer mon examen et repartir. Sans rien demander à personne. Mes patients seront là, eux. Et ils m'apporteront toute la force dont j'ai besoin. J'ai promis de ne pas trop m'attacher cette fois. Même si ça risque d'être difficile parce que la moyenne de séjour est de trois semaines.
Ma msp, c'est le 7 avril.

Pas de nouvelles de mon stage imaginaire.

Mon frère a commencé ses séances de psy hier. Apparemment, ça s'est bien passé. Espérons que ça dur.

Hier soir, j'ai encore pété un plomb. Parce que je me suis une fois de plus rendue que j'étais malade. Parce que j'ai peur de bouffer. J'ai peur de dormir. J'ai peur de sortir. J'ai peur de demain. J'ai peur d'être aimée. J'ai peur de ma vie et de celle que je suis devenue. Quand j'ai balancé tout ça à Poupinou, il m'a juste répondu que j'étais devenue quelqu'un de bien. Alors j'ai fermé ma gueule et je suis partie en silence.
Demain, à l'heure qu'il est, je préparerai ma valise. Et demain soir, dans mon message du soir, je lui dirai "A demain."
[J-2.]

Mardi 15 mars 2011 [20:09]

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J'ai raté mon train. Et personne ne m'a attendue.
Je n'ai prévenu personne de la haute hiérarchie que je ne ferai pas mon stage chez eux. Je n'en ai jamais eu le courage. Parce que pour moi, cette démarche aurait définitivement fini de m'achever.
Et puis, si demain quelqu'un remarque mon absence, ça sera déjà ça de gagné.
Oui parce qu'à l'heure qu'il est, j'aurais dû être dans le train qui relie ma fucking ville à la douce Bretagne. J'ai pas envie de parler de ma douleur ce soir. Parce que les mots sont bloqués à l'intérieur. Mais croyez moi, j'ai mal. Très mal. Ca me donne des palpitations. Ya des trucs bizarres qui vont sortir de mes yeux. Et je vais me mettre à parler toute seule. Et ensuite, je serai à la merci de je-ne-sais-quoi qui me fera m'arrêter.
J'aurais préféré ne pas être là ce soir.

Hier, on m'a dit que j'étais irrespectueuse et immature. Tout ça parce que j'ai préféré appeler avant de me taper une heure et demie de transport pour avoir un renseignement. Immature, j'assume. Mais irrespectueuse, je colère. Parce que moi, irrespectueuse. Je veux bien qu'on me donne tous les défauts du monde. Mais s'il y en a bien un que je n'accepterai jamais, c'est celui là. Parce que depuis vingt et un ans, c'est ce que maman m'apprend chaque jour. Le respect. Et je pense faire partie des dernières personnes sur cette Terre à en manquer. Pour moi, le respect c'est la base. Sans ça, c'est l'anarchie.
J'estime qu'à vingt et un ans, moi aussi j'ai le droit au respect. Et j'ai aussi et surtout le droit à mon statut d'étudiante en troisième d'école infirmière complètement paumée, qui galère, qui fait de son mieux, qui se plante, qui avance à reculons et qui sait pas où elle va mais elle y va. Parce que je l'ai volé à personne. Alors j'estime plutôt que c'est irrespectueux de traiter une gamine comme moi qui cherche ses repères. Et tout ça parce que mes démarches sont maladroites. Oui. Peut être. Sûrement. Mais le mémoire, c'est mon premier. Et ya personne pour m'aider. Alors j'ai le droit, de me planter.

Hier soir, ma mère m'a fait réaliser à quel point j'étais seule dans ma vie. "Mais à part moi et Poupinou, t'as personne d'autre !" Oui, c'est vrai maman. Ou pas. Elle m'a dit que j'étais une sauvage socialement renfermée qui ne pouvait pas avoir d'ami(e)s. Pour bien m'achever de ma journée.
Je me suis quand même excusée. Pour mon comportement à son égard. Pour mes crises de nerfs injustifiées. Pour toutes les fois où elle en prend plein la gueule parce qu'elle appelle pas le bon soir. Pour tous les noms barbares que je lui ai donné. Parce qu'en parlant de respect, je lui en manque sérieusement depuis un certain temps. Elle s'est mise à éclater de rire et elle m'a dit que ça faisait déjà trois mille fois que je lui disais. Que cette année, ça serait comme ça. Que je serai insupportable. Elle m'a simplement répondu que c'était ma mère et que comme toute mère, elle m'attendrait.

Et puis finalement, c'est avec ma princesse que j'ai fini ma soirée. Quelle joie de la retrouver après tout ce temps. Quelle joie d'entendre à nouveau sa voix. Quelle joie de ne plus être seule. Quelle joie d'imaginer mes futures journées.

Demain, je vais donc ailleurs. Et pendant cinq semaines ça sera comme ça. Réver d'un autre quotidien. Celui qui aurait pu. Mais qui n'est pas. Ca nous fera sept semaines en moins de vie commune. Tant pis, on se voit vendredi soir.

J'ai encore trop raconté ma vie.

Lundi 14 mars 2011 [17:15]

Vous savez ce qui me fait le plus peur ? 
C'est la frustration.
C'est de vivre toute ma vie dans la frustration. De ne pas avoir été assez courageuse, intelligente, forte pour mener à bien mon projet professionnel. Me dire toute ma vie que je n'ai pas été capable de devenir celle que je voulais être. M'imaginer toute ma vie à quoi elle aurait dû ressembler. Vivre dans l'hypothétique. Me dire chaque jour que je n'ai pas réussi. Me réveiller chaque matin avec ce pincement au coeur. Regarder cette fille dans le miroir que je n'aurais jamais dû avoir à supporter. Boulet. Me dire que c'est bien fait pour ma gueule parce que c'est de ma faute si tout a capoté. Regarder les autres sourire et oublier de savoir le faire moi même. 
Me dire que putain de merde, pourquoi moi.
La frustration c'est aussi être au maximum de ses capacités et ne pas y arriver.

Je sais pas si ça vous est déjà arrivé. D'avoir l'impression d'être deux personnes. Que la tête et le corps soient dissociés. Comme si l'un n'était même plus à la merci de l'autre. Parce que vous avez perdu le contrôle. Je sais pas si vous vous êtes déjà dit que non, c'était pas possible que ce soit vous qui en soyez arrivé là. Que c'est tout de même pas vous même qui avez réussi à faire de votre propre vie un enfer, un dégoût permanent. Rejet. Comme si vous vouliez à tout prix vous en débarrasser. Un des deux. La tête ou le corps. Bah moi, c'est exactement ce qui est en train de m'arriver.

Et toujours ce regard des autres. Etre à la hauteur. Parce que si vous échouez, ils vous attendront au tournant. Ces bâtards.
Parce que qui n'a jamais rêvé d'en foutre plein la vue à tous ceux qui n'y croyaient pas, à tous ceux qui vous narguent en silence en attendant le moindre petit échec pour vous achever à coup de je-ne-sais-quoi. Qui ?
Ne pas décevoir. Pour tout ceux qui ont mit toute leur fierté dans votre réussite. Maman. Poupinou. Et peut être moi.

J'ai peur aussi de ne plus jamais me retrouver. Ne plus jamais être celle que j'étais avant et que j'aimais tant. Celle qui riait de tout. Celle qui bouffait la vie à pleines dents. Celle qui luttait contre la maladie. Celle qui n'avait pas de problèmes. Celle qui avait réussi à mettre son passé entre parenthèse. Celle qui sauvait le monde avec sa folie permanente. Celle qui disait merde aux futilités. Celle que tout le monde aimait pour ça.
La fascinée. L'hystérique. La chanteuse. La joie d'exister. La bulle qui pétille dans la bouteille de Coca. La courageuse. La force. La fraîcheur incarnée. L'amoureuse de la vie. La record woman au Guiness de fous rires en vingt quatre heures. L'anorexique qui s'assume. Le déchet refoulé.

J'ai peur d'être une frustrée à vie qui ne peut pas vivre celle que je m'étais imaginée. 
Parce que si c'est le cas, je serai une éternelle dépressive.

"Vis tes rêves. Ne rêve pas ta vie."
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Samedi 12 mars 2011 [13:37]

J'ai sûrement dû vous dire que Poupinou était président de l'AE (Association des Etudiants.) et plus particulièrement Chef de projet pour le club de robotique. Il organise donc la Coupe du Trégor qui aura lieu le 19 mars pour finir par le Gala. Avec son équipe, ils ont donc dû rendre fonctionnel leur robot qu'ils préparent depuis la rentrée 2010. Et ils auront encore quelques mois pour le peaufiner avant la Coupe de France. Je suis donc fière de vous présenter leur robot 2011. Il faut savoir que celui de l'année dernière était en bois parce qu'ils n'ont pas trouvé de fournisseur. Cette année, il est en métal ! Et il est super beau. *_* (Evidemment. xD)
Le principe de cette année est que le robot doit récupérer des pièces jaunes et les placer sur l'échiquier. Deux robots s'affrontent. Deux couleurs: rouge et bleu. Un robot part de la case bleue et doit donc déposer les pièces jaunes sur les cases bleues et l'autre robot partira de la case rouge et devra donc déposer les pièces jaunes sur les cases rouges.
(Celui ou celle qui n'a pas compris, c'est tant pis. ><)

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La Coupe du Trégor aura donc lieu le 19 mars. Je serai là cette année mais je vais devoir me faire toute petite. Me contenter d'être la femme du Chef de projet. Ne pas entacher sa réputation. A l'école, personne ne me connait donc je vais être présentée toute la journée. Ca me gêne un peu même si j'en suis fière quelque part. 
Il m'a déjà prévenue. Qu'il ne serait pas trop à mes côtés durant cette coupe parce qu'il va devoir gérer toute l'organisation. Mais c'est pas grave.
Poupinou devra donc faire l'ouverture à 14h et la fermeture à 16h. Sachant qu'il devra rester après, je rentrerai seule me préparer pour le Gala. Il me rejoindra plus tard pour se préparer à son tour et nous nous rendrons ensemble au Gala.

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J'ai hâte. J'ai tellement hâte. Mais je suis un peu stressée aussi. C'est la première fois que je vais à un Gala. On a râté celui de l'année dernière alors cette année, on s'était promis d'y aller. J'ai la pression. Il faut que je sois à la hauteur. Je vais rencontrer tous ses copains et tous les gens dont il me parle sans cesse sans que je puisse mettre un visage sur les prénoms. J'ai déjà rencontré les principaux mais là, il y aura toute son école.
Mais j'ai surtout décidé de m'amuser. De passer du temps avec mon Poupinou. De voir cette fête comme une nouvelle occasion de tout lâcher. Le temps d'une soirée. Parce que ça fait longtemps que je l'attends ce Gala. Je redeviendrai l'authentique Poupinette. Du début, à la fin. La Poupinette folle amoureuse de la vie, pleine d'énergie, rieuse, qui ne sait pas pleurer. La Poupinette que tout le monde aime pour ça. Parce que j'ai aussi besoin de me retrouver.

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Et pour vous faire partager ce qui nous attend, je vous laisse découvrir le programme de la soirée. *_*
(Pour une fois que je suis heureuse, je vous le fais partager !)

Présentation
Le 19 mars 2011, l’équipe du projet Gala Enssat aura l'immense plaisir de vous présenter la 19ème édition de cet évènement devenu incontournable. D’autant plus que cette année le Gala aura aussi l’honneur de célébrer les 25 ans de notre école.
 
Première partie
18h30 : Cocktail à la mezzanine
20h00 : Diner Cabaret
 
La soirée sera ponctuée par plusieurs interludes qui constitueront le fil rouge du Gala, à savoir les 25 ans de l'Enssat.

Deuxième partie
23h00 : Soirée dansante animée par un DJ
 
Menu
Cocktail
Terrine de la mer, sauce cocktail
Confit d'agneau et ses petits légumes
Assiette de fromages
Dessert

Vendredi 11 mars 2011 [13:57]

Et voilà. C'est passé. C'était mon dernier partiel. (Ou pas.) Juste un petit dernier au mois de mai mais rien de bien méchant. C'était la dernière fois qu'on m'appelait après elle. Et avant elle. C'était la dernière fois que mon coeur s'emballait pour ça devant cet amphi. (Oui parce qu'après c'est les résultats.) C'était la dernière fois que je sortais mes stylos de ma trousse et que j'ouvrais ma calculatrice verte. C'était la dernière fois que j'entreposais mon sac en bas de cet amphi avec tous les autres pour y constituer un bordel innomable. C'était la dernière fois que je connaissais cet état que je ne pourrai vous expliquer et qui dure en tout et pour tout une semaine.
C'était la dernière fois.

Que dire après cette semaine de révisions intenses où le manque de sommeil m'a mise dans un état que je ne connais que trop bien ? Comment je me sens ? Je suis vidée. Complètement. Je suis vannée de tout ça. Je suis presque dégoutée de mes études. C'est inhumain de nous faire vivre ça. Ou plutôt que je ME fasse vivre ça.

Je l'ai foiré bien comme il faut. Mais alors là. Dans l'genre on peut pas mieux faire, j'ai tout gagné. J'ai foiré mon exam pratique de transfusion d'hier. Moins six points. J'ai foiré mon calcul de dose. Moins quatre points. Le schéma d'anat - phy, c'était le seul que j'avais pas révisé. (VDM.) Moins six points. (Oui parce que c'est soit tous les points, soit zéro. :))
Bilan, je pars sur une note maximale de vingt quatre points. Et pour valider, il m'en faut seize. Et vu le reste, je pense que je peux déjà commencer à réviser mon rattrapage.
Alors voilà comment depuis que je suis rentrée, je me prends pour une formatrice et essaye de me trouver les seize points en question quelque part. Autant vous dire que je n'y suis pas encore arrivée.

J'ai appelé maman en sortant. J'ai fondu en larmes. Elle m'a dit de pas commencer à hypothétiser les rattrapages avant d'avoir eu ma note. Elle m'a dit que si j'avais pas 8/20 avec un bac S et une année de médecine dans le cul, c'était lamentable. Elle m'a dit de me calmer et de la rappeler ce soir. (Ce que je ne ferai pas bien entendu.)
"Mais. Hier soir, ça allait très bien. Et là, ça va plus." Non maman. Ca n'allait pas "très bien" hier soir. Parce que ça ne va plus "très bien" depuis le 25 janvier.

Résultat du partiel du mois dernier (Rappelez-vous, c'était le 14 février.) le 1er avril. (La blague.) Et résultat de celui-ci le 2 mai. Oui. Comme ça, ça me laisse le temps de me suicider plein de fois.

Le problème, c'est que je peux même pas souffler. Non. Parce qu'il faut que je reprenne mon mémoire. J'ai deux journées d'enquête lundi et mardi. Qui me stressent énormément parce que c'est plein de démarches en peu de temps. Et le temps, je n'en ai plus.
Ma formatrice n'en a clairement rien à foutre de mon mémoire. Parce que je me casse le cul à lui envoyer mon travail en temps et en heure. Avant minuit. Mais elle ne le lit même pas. Elle a validé mon questionnaire sans même l'avoir lu. Je le sais parce que je ne lui ai pas montré ma dernière version. Quand je lui ai dit que je lui enverrai mon mail en rentrant de notre rendez-vous, elle m'a répondu quoi ? "Non mais c'est pas la peine, je vous fais confiance." C'est c'là oui. Alors je vais faire des inepties dans mon cadre conceptuel. Pour voir si elle va au moins me corriger sur ça. Si c'est pas le cas, j'aurai définitivement la preuve que dorénavant, je ne peux compter que sur moi. Elle est nulle à chier alors c'est pas sur elle que je peux compter. Alors j'avance, je recule, je fais c'que j'ai à faire. Je glane des informations à celui ou celle qui veut bien m'en donner. (Autrement dit, Nicolas.) Et puis ça sera déjà pas mal.
Et mercredi, c'est reparti pour un nouveau stage. En réadaptation cardiaque. Changer son rythme de vie. Inverser ses cycles éveil-sommeil. Debout à cinq heures tous les matins. Etre capable de s'endormir à vingt et une heure. Parce que même avec une fatigue extrême, quand on est plus habitué à se coucher à trois heures du mat' et se lever à sept, que se coucher à vingt et un et se lever à cinq, c'est pas gagné. Quarante minutes de marche aller. Quarante minutes de marche retour. Et surtout² une msp à repréparer. Ya tout à recommencer.
D'ailleurs, je n'ai pas de blouses. Parce que comment vous dire que 50% de l'ifsi (Si c'est pas 70.) utilisent des tailles 0 et 1. Et qu'eux bah non. Ils ont toujours pas compris. Alors il y a plus que des tailles 3 et 4. Alors non, je regrette infiniment mais je ne rentre pas dans une taille 3. Désolée. C'est pas grave. J'irai en stage à poil mercredi.
Bref..
 
J'aurais voulu m'écrire une autre histoire. Vraiment. Parce que dans cette autre histoire, mon personnage principal aurait été heureuse. Epanouie. Hystérique ce soir. Elle aurait validé sa première msp. Ce qui lui aurait donné la rage et la confiance en soi nécessaires pour valider ses deux derniers partiels. Elle aurait dû préparer sa valise cet après midi et partir chez Poupinou mardi soir pour sept semaines. Mais non. Parce que ça se passe jamais comme ça dans la vraie vie.
Et non, j'arrive pas à passer outre. Et avancer sans reculer. J'y arrive pas.

Demain soir, je sors avec Justine et Kévin. En boite. Parce que Justine va mal. Alors demain soir, j'ai intérêt d'assurer. Il ne faut pas qu'ils voient que moi aussi je vais mal. Il faut que Justine sourit. Il faut qu'elle oublie. Il faut qu'elle passe une bonne soirée avec nous. Je rentrerai surement avec elle et resterai avec elle toute la nuit. Elle a besoin de moi.
Avant, je ratais une soirée, une sortie en boite pour rien au monde. Parce que si je venais pas, personne venait. Parce que j'étais LE bout en train de la bande. (Qui s'est d'ailleurs éparpillée dans les méandres de la France.) Mais là, j'ai pas envie. J'ai rien à fêter. J'ai rien à vider. Je le suis déjà. J'y vais pour elle. Même si je sais que quand j'y serai, je vais tout oublier et m'amuser comme une folle quand même. Mais le démarrage est lent. Très lent.

Cet après midi, il faut que je fasse le ménage. Parce que comment vous dire que je n'ai pas fait de machine à laver depuis une semaine. Que je n'ai pas lavé mes toilettes et mes lavabos depuis une semaine. Que je n'ai pas passé l'aspirateur depuis une semaine. Et que je n'ai pas fait ma vaisselle depuis une semaine.
Mon appartement ressemble donc à une porcherie.
Ce soir, ça sera crise de larmes et compagnie.

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